Poitiers sous le choc après les violences France-Soir 11/10/09

Le saccage du centre-ville a pris de court les forces de sécurité, qui n’avaient pas prévu un tel déferlement d’agressivité.

Personne ne s’y attendait. Au lendemain du déchaînement de violences qui s’est abattu sur le centre-ville de Poitiers, c’est toujours l’incompréhension qui régnait hier dans les rues. Ce qui était au départ annoncé comme un “rassemblement festif” a tourné à l’opération commando. Samedi soir, environ 300 militants d’extrême gauche, issu d’un mouvement anticarcéral, se sont réunis durant près d’une heure pour briser vitrines, Abribus, cabines téléphoniques, ou encore distributeurs de billets. Plusieurs monuments ont également été tagués, dont le baptistère Saint-Jean, l’un des plus anciens édifices chrétiens de France.

“Cagoules, masques, drapeaux noirs et compagnie, ils avaient tout l’attirail habituel”, décrit Simon Hiernard, qui se trouvait rue du Marché vers 18 h 30. “Les policiers étaient un peu plus loin mais ont été surpris. Tout le monde s’est dispersé au milieu des flash-balls et des fumigènes. Il y avait beaucoup de familles et de gamins paniqués”, raconte ce témoin des incidents. “Nous avons été surpris par la violence et l’organisation”, reconnaît Anne Frackowiack, directrice de cabinet du préfet.

“Mouvement anarchiste organisé”

Officiellement, les manifestants souhaitaient protester contre le transfèrement, prévus hier, des détenus de la prison de Poitiers, vers le nouvel établissement pénitentiaire de Vivonne, à quelques kilomètres. “C’est simplement un mouvement anarchiste très organisé qui a utilisé la nouvelle prison comme prétexte à leurs actions”, assure Alain Claeys, député maire (PS) de la ville. Les casseurs ont également profité de la tenue ce week-end du festival d’arts de rue Les Expressifs, pour se fondre au milieu des spectateurs. “Le travail des forces de l’ordre a été rendu très difficile par le monde présent à ce moment-là”, explique l’édile. Les représentations ont donc été suspendues samedi, à 20 heures, pour reprendre hier à 14 h 30.

“On savait qu’il y aurait une manifestation”, indique Christelle Feix, administratrice de l’association Poitiers jeunes, qui organise le festival. “Mais on ne s’attendait absolument pas à des événements de ce type et encore moins à ce qu’ils s’intègrent au sein des lieux de spectacle”, s’indigne-t-elle. L’étonnement était même présent jusque dans les rangs des manifestants. “Quand les saccages ont commencé, certains ont retiré leur masque pour se désolidariser du mouvement”, relate Simon Hiernard.

Dix-huit interpellations

Les débordements semblaient pourtant prévisibles, au vu des tracts distribués dans les rues. Un document prodiguait notamment des conseils “pour se sortir d’une sale galère” et savoir comment agir en garde à vue ou en comparution immédiate, comme le rapporte La Nouvelle République. Des recommandations que certains vont avoir l’occasion d’appliquer. Selon la police, dix-huit personnes ont en effet été interpellées et pourraient faire l’objet d’une procédure de comparution immédiate dès aujourd’hui.

© Poitiers  sous le choc après les violences  / © PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE

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