Violences à Poitiers : prison ferme pour trois casseurs C.J. (lefigaro.fr) avec AFP et AP 13/10/200

Huit personnes interpellées samedi à l’issue du saccage du centre-ville de Poitiers ont été sanctionnées par la justice. Brice Hortefeux, en visite lundi dans la ville, a promis de dissoudre ces “groupuscules”.

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De deux mois avec sursis à quatre mois de prison ferme. Huit des manifestants qui ont saccagé samedi le centre-ville de Poitiers à l’issue d’une manifestation anti-carcérale ont été condamnées, lundi soir, en comparution immédiate. Un homme âgé de 51 ans a écopé de la plus lourde peine, huit mois dont quatre fermes. Deux hommes plus jeunes ont récolté six mois dont un ferme. Les cinq autres ont échappé à la détention et reçu des peines avec sursis.

Samedi, 250 personnes, masquées et cagoulées, se réclamant d’un collectif anti-emprisonnement avaient investi le centre de Poitiers et s’étaient livré à une série de dégradations et d’actes de vandalisme. Les manifestants avaient brisé une vingtaine de vitrines, des abri-bus, des cabines téléphoniques et tagué des messages haineux et anarchistes sur des monuments religieux comme le Baptistère Saint-Jean, l’un des plus anciens monuments chrétiens de France.

Sur place lundi, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré qu’il “n’hésiterait pas” à demander la dissolution des “groupuscules” impliqués dans ces violences, “qui saccagent et ne respectent pas les règles de la démocratie”. Brice Hortefeux, qui s’est rendu au commissariat de Poitiers, à la mairie, puis chez des commerçants touchés par les violences, a également demandé que la justice “sanctionne durement” les casseurs. Le ministre a par ailleurs indiqué avoir demandé au préfet de la Vienne de “recenser les squats qui sont susceptibles d’accueillir ces militants d’ultragauche”.

Initialement, le rassemblement, publicisé sur plusieurs blogs de la mouvance anarchiste, entendait protester contre un transfèrement de détenus, prévu dimanche, entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville. Une action dont l’envergure a dépassé toutes les prévisions de la préfecture. “Nous avons été surpris par la violence et l’organisation”, a confié la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack. “Nous avons eu une opération commando de la mouvance ultra-gauche, plus importante que prévue, avec des militants venus d’autres départements”, a-t-elle souligné. Ils ont agi avec la “rapidité de manoeuvre digne de commandos militaires”, a déclaré Jean-François Papineau.

Une cache d’armes découverte dans un parking

“Il y avait énormément de monde en ville. Tout d’un coup, ils ont sorti leurs masques au milieu de la foule et sont partis en direction de la prison”, jetant des projectiles sur les policiers et brisant du mobilier urbain. Un commissaire de police a été légèrement blessé à la main et un fonctionnaire de la Brigade anti-criminelle par le jet d’un marteau sur son casque. Le vendeur d’un magasin qui a tenté de s’interposer avait lui aussi été légèrement blessé, a précisé Anne Frackowiack.

Cette opération commando était très bien préparée. Pour les policiers, le but des participants était sans aucun doute de “casser”. Ils ont retrouvé notamment une cache d’armes dans un parking contenant des cocktails molotov, des masses et des fumigènes dont un au phosphore.

Les concerts du festival “Les Expressifs” prévus samedi soir avaient été annulés par craintes de nouveaux débordements. La nuit s’était avérée finalement calme et les premiers transfèrements de détenus avaient pu être effectués tôt dimanche matin. Le maire de Poitiers, le socialiste Alain Clayes, a dénoncé dimanche des “actes inqualifiables”. Le festival a été “pris en otage”, a poursuivi le maire, qui a indiqué que ce qui s’est passé était “grave” et “mauvais” pour Poitiers.

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