Violences à Poitiers : Patrick Dubreucq est libre (NR 20/11/2009)

Violences à Poitiers : Patrick Dubreucq est libre (20/11/2009)
La joie des membres du comité de soutien à Patrick Dubreucq hier soir devant le palais de justice de Poitiers.
Patrick Dubreucq, 51 ans, incarcéré depuis la violente manifestation du
10 octobre à Poitiers est sorti libre hier soir à la suite de son procès en appel.

Vrai qu’il n’a pas le profil du délinquant ou du militant d’ultra gauche prêt à en découdre. Mais ce samedi 10 octobre à Poitiers, Patrick Dubreucq, ce Tourangeau de 51 ans, habitué des manifs en faveur des sans-logis ou des sans-papiers, s’est peut-être trouvé là où il ne fallait pas. Son tort est le suivant : avoir lancé une pile en direction de la police. Cette pile a atterri à 2 mètres de Jean-François Papineau, directeur départemental de la sécurité publique. Jugé avec sept autres personnes le 12 octobre dernier en comparution immédiate à Poitiers, Patrick Dubreucq est condamné pour violences par jet d’objet à une peine de 8 mois d’emprisonnement dont 4 avec sursis. Des faits reconnus, commis selon lui sous l’empire d’un « coup de nerfs ». Le 23 octobre, la justice lui refuse sa demande de mise en liberté et l’accorde en revanche à deux étudiants poitevins interpellés le même jour. Hier après-midi, Patrick Dubreucq comparaissait devant la cour d’appel pour un nouvel examen des faits.

« Ce n’est pas
la liberté
d’expression
qui est remise
en cause »

Dans le box, Patrick dit qu’il « regrette entièrement et totalement » son geste, ajoutant : « J’visais personne à c’ moment là ». La partie civile ne l’entend ainsi. « Est-ce qu’il a oui ou non lancé un objet en direction du commissaire ? Oui », assure Me Patrick Arzel avant de demander la confirmation de la décision de première instance. Pour l’avocat général Jean-Claude Belot, « il ne faut pas se tromper de débat. Ce jour-là, on s’est attaqué à l’ordre public, rempart de l’État de droit ». Il requiert une peine de 18 mois d’emprisonnement avec « un sursis possible qui ne serait pas inférieur à 10 mois ».
La plaidoirie de Me Philippe Brottier soulève bien des points, dont plusieurs exceptions de nullité mais s’attache aussi à brosser de son client un portrait différent de celui qu’on a bien voulu faire. Patrick n’est ni SDF, ni alcoolique. « Est-il logique de condamner à du ferme quelqu’un qui a jeté une pile à 30 m des policiers ? ».
La cour délibère une petite heure. Elle réforme la peine de première instance et condamne Patrick Dubreucq à 8 mois d’emprisonnement dont 7 avec sursis. Patrick est donc libre. L’un de ses soutiens, le comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux s’en réjouit mais relève la partie ferme de la peine. « Pour quelqu’un qui n’a rien fait avant, c’est cher payé ! »

Jean-Michel Gouin

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