La “répression industrielle” pointée du doigt NR 06-12-09

Depuis plusieurs semaines, la question de la répression suscite débats et discussions après les violences survenues à Poitiers le 10 octobre dernier.
Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, organisait hier, à la Maison du Peuple de Poitiers, une série de débats sur les nouvelles formes prises par cette répression.
“C’est le premier forum de ce type que nous organisons”, expliquait Jean-François Chazerans en préambule. “Il s’agit d’expliquer quelles sont les formes de la répression et éclairer plus particulièrement sur ce qui s’est passé à Poitiers. Les médias ont donné à voir certaines images de ce qui s’est passé, nous voulons nous aussi expliquer. Ce n’est pas arrivé comme ça, comme un cheveu sur la soupe. Il y a une série de faits qui ont précédé et succédé au 10 octobre.” Le Collectif est en effet né en avril dernier “en résistance aux provocations et au harcèlement exercés par le pouvoir contre les acteurs et actrices de mouvements sociaux”.

Deux témoignages

Deux témoignages forts sont venus colorer les débats du forum. Gabi Mouesca ouvrait le bal sur le thème de la prison. Cet ancien militant de la cause basque en France a passé dix-sept années en prison. Aujourd’hui, il est chargé de mission pour Emmaüs sur la prison après avoir présidé l’Observatoire international des prisons. L’homme parle sans détours. Direct. “La prison, j’en ai une triple connaissance : charnelle, j’y ai passé dix-sept ans, humanitaire avec Emmaüs et politique avec l’Observatoire international des prisons. La question de la prison, ce n’est pas simplement la question du respect des droits des personnes emprisonnées, mais de savoir qui et pourquoi on met en prison. Ce sont ceux qui sont considérés comme socialement inutiles qui sont envoyés en prison. Mais là, ils rapportent beaucoup à ceux qui les construisent. Ces inutiles ont alors toute leur utilité. C’est détestable. La prison, c’est une industrie qui déstructure.”
Et l’avocat parisien Christophe Pouly, invité à témoigner sur le délit de solidarité et les arrestations de sans-papiers reprend les mêmes mots.
“A Paris, il y a un service spécialisé qui s’occupe de sans-papiers. Ça se fait de manière industrielle tout est très rodé. D’ailleurs, les policiers travaillent avec des procédures pré-rédigées qui sont mieux blindées et que l’on a plus de mal à attaquer.”

E. C.

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