Vague de tags vengeurs NR-CP 24-02-10

Vague de tags vengeurs
Menaces de mort et insultes contre la police, messages anticapitalistes…Les murs du centre-ville de Poitiers étaient couverts de tags, hier matin.

Au cours de la nuit de lundi à mardi, une vingtaine de tags ont été tracés à la bombe de peinture rouge sur des façades du centre-ville. Pas n’importe lesquelles. Les cibles sont symboliques: banques et institutions. Et les invectives désignent trois cibles: le directeur de la police et le maire de Poitiers, les policiers de la BAC et les banques. Le message reprend une thématique nationale sur des banques soupçonnées de dénoncer des sans-papiers. Ce sont ces mêmes banques qui avaient été ciblées par des dégradations à l’acide début février. Gommage express Les tagueurs y sont allés au culot, traçant des inscriptions de grande taille sur la façade de la mairie, le commissariat, le palais de justice plusieurs banques et divers murs du plateau. L’équipe des effaceurs de tags de la mairie s’est mise à l’oeuvre très rapidement, hier matin mais de manière ciblée, sur les bâtiments publics. Elle a gommé dare-dare le tag de la façade ? “Claeys Papineau même combat” ? associant le maire de Poitiers et le patron de la police. Juste derrière, le même patron de la police est comparé à Pétain quand il n’est pas directement menacé de mort sur d’autres murs ainsi que les fonctionnaires de la BAC. L’ampleur de la vague de tags a nécessité, sinon du temps, du moins un nombre suffisamment important de petites mains. Elles sont passées au travers des mailles du filet policier. Personne n’a été interpellé, confirme le parquet de Poitiers. Une enquête a été ouverte sur ces inscriptions qui s’affichent en grand pour la première fois dans le centre-ville. Elles font écho aux tensions qui existent, depuis le 10 octobre dernier, entre la police et des militants poitevins, dont certains ont choisi ce nouveau mode de provocation. Hier, deux jeunes femmes passaient en justice (lire page 6) pour avoir refusé le prélèvement ADN lors de la vague d’interpellations qui a suivi les violences commises à Poitiers après la manifestation anticarcérale du 10 octobre 2009. Indiscret. Un commissaire menacé à Montpellier. Le commissaire Desmartin, en poste à Poitiers lors des violences du 10 octobre, est désormais en fonction à Montpellier. C’est dans cette ville qu’il a été la cible, la semaine dernière, d’inscriptions menaçantes de la même veine que celles retrouvées hier matin à Poitiers. Les inscriptions sont attribuées, de source policière, à des Poitevins venus participer à un rassemblement baptisé la Journée des Gueux. Une manifestation émaillée par des incidents entre les festivaliers et la police locale.

••• Silence radio des autorités et du maire

Le "V" de vendetta fait écho à une symbolique utilisée lors de la manif du 10 octobre. ecoupaye

Le "V" de vendetta fait écho à une symbolique utilisée lors de la manif du 10 octobre. ecoupaye

“En parler c’est donner encore un écho à ces inscriptions. C’est exactement ce qu’ils recherchent. C’est devenu leur nouveau jeu”, relève un policier. Faut-il pour autant passer sous silence des inscriptions qui barrent de nombreux murs du centre-ville et qui, fait aggravant, profèrent des menaces de mort directes? Les faits durent depuis plusieurs mois et ciblent plus particulièrement le patron de la police. Les inscriptions, d’abord confidentielles, deviennent de plus en plus visibles. Elles s’affichent désormais jusque sur le commissariat ou la mairie. Difficile de ne pas réagir. C’est pourtant le choix des autorités malgré la gravité des propos tenus. Le préfet, représentant de l’État et garant de l’ordre public, n’a pas souhaité réagir à notre sollicitation. Le directeur de la police non plus. Il avait déjà fait savoir qu’il portait plainte à chaque attaque. Quant au maire de Poitiers, il renvoie à un précédent communiqué qui rappelait à chacun ses responsabilités.

Emmanuel COUPAYE

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