Suite à l’article “Rixe du 21 juin : le patron de la police fait appel” PQR 01/09/2010

Bonjour, Suite à l’article “Rixe du 21 juin : le patron de la police fait appel” PQR 01/09/2010, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux souhaite préciser que, comme les six jeunes interpellés lors de la Fête de la musique ont été relaxés pour les “faits de violence”, il est assez inapproprié de parler ici de rixe. Une rixe est une bagarre, une échauffourée qui sous-entend une certaine égalité entre les protagonistes, ou du moins qu’ils sont sur le même plan. On peut parler d’une rixe entre matelots ou entre automobilistes, mais il est hasardeux de le faire pour la nuit du 21 juin dernier à Poitiers puisque le tribunal a jugé que ç’avait été tout au plus de la rébellion, c’est-à-dire ne pas reconnaître l’autorité, résister à la force.

Il aurait donc été plus judicieux, selon nous, de s’en tenir au jugement et de ne parler que d'”outrages et rébellion”. Cela est particulièrement important et aurait permis de clarifier la fin de l’article, qui est quelque peu incompréhensible et surtout inexact. En effet, si Nina a bien été condamnée le 30 juillet à 2 mois avec sursis, ce n’est pas pour les faits sur lesquels le commissaire Papineau fait appel.

D’autre part, comment expliquer que ce commissaire ait fait appel ? Rappelons-le, la version policière, telle qu’il l’a rapportée au tribunal et sur laquelle il n’a pas été suivi, est la suivante : il était responsable du service d’ordre de la Fête de la musique, et est sorti seul et en gilet parre-balles à 1 h 30 pour faire le point. L’ambiance était sereine. Arrivant place Charles-de-Gaulle, par la rue de la Regratterie, pour se diriger vers la Grand-Rue, il entend : Papineau, on aura ta peau !” et, venant de devant, une canette de verre atterrit à ses pieds, du côté gauche. La trajectoire étant en dehors de son champ de vision, c’est en tournant la tête qu’il aperçoit, à droite de la façade de l’église, une silhouette non identifiable compte tenu de sa capuche. Il décide d’appeler par radio pour aide au contrôle de la personne. Il fixe cette silhouette qui, se dirigeant vers la rue de la Regratterie, resserre sa capuche et part en courant. Il la poursuit jusqu’à la place de la Liberté, mais ce n’est qu’en passant devant la Médiathèque qu’il l’identifie et le signale par radio. Arrivent alors cinq autres jeunes ainsi qu’une douzaine de policiers, et débute une interpellation très violente à l’issue de laquelle ces cinq jeunes sont maîtrisés ; puis Nina elle-même se retrouve au sol, et le commissaire reçoit d’elle un coup de pied.

Que M. Papineau se pourvoie en appel nous semble cohérent : voulant certainement ménager la chèvre et le chou, la justice n’a pas retenu les “violences avec armes” en bande organisée, mais a donné raison à la police en ce qui concerne les outrages et la rébellion. Elle a condamné un des six jeunes à 15 jours de prison ferme, quatre (dont Nina) à 2 mois d’emprisonnement avec sursis, et la dernière à 70 heures de travail d’intérêt général, sans compter les amendes dont 1 500 euros solidairement. Nous l’avions déclaré bien avant le rendu du procès, ce choix du tribunal est selon nous un très mauvais calcul. Sans le début de l’« affaire » place de Gaulle, ce qui s’est passé place de la Liberté perd en effet tout le sens que voudraient lui donner les policiers. Si rien ne prouvait que le “Papineau, on aura ta peau !” proféré place de Gaulle était le fait de Nina, et si personne n’avait vu qui avait lancé une canette de verre aux pieds de M. Papineau, celui-ci n’avait aucune raison de poursuivre Nina en particulier – ou plutôt la seule raison était que, comme l’a fait remarquer Me Brunet au procès, M. Papineau avait reconnu aussitôt Nina. S’il n’avait aucune raison de la poursuivre, il n’en avait pas plus de l’appréhender place de la Liberté. Et s’il n’y avait aucune raison de l’appréhender, il n’y en avait pas davantage d’interpeller les autres jeunes ni de les molester jusqu’au commissariat. Enfin, s’il n’y avait aucune raison d’interpeller Nina et les autres, alors leur résistance était légitime. Les outrages et la rébellion auxquels s’est accrochée désespérément la justice ne tiennent plus. Il s’est agi une fois encore, pour les policiers, de provoquer et harceler ceux et celles dont les convictions ne leur plaisent pas, de façon à les faire réagir devant cette injustice et à pouvoir ensuite les poursuivre devant les tribunaux pour “outrages et rébellion”, voire violences.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociauxantirep86@free.frhttp://antirep86.free.fr

Lien Permanent pour cet article : https://antirep86.fr/2010/09/08/suite-a-larticle-%c2%ab-rixe-du-21-juin-le-patron-de-la-police-fait-appel-%c2%bb-pqr-01092010/

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*