La liberté d’expression vaut pour Orelsan, pas pour Sexion d’Assaut. Olympe toujours féministe 13-10-10

 

L’annulation de nombreux concerts du groupe de rap français Sexion d’Assaut n’a suscité aucune controverse, parce que tout le monde est d’accord leurs propos et les paroles homophobes de leurs chansons sont inacceptables. Mais la comparaison avec la polémique suscitée l’année dernière par autre rappeur est riche d’enseignement.

Le rappeur français Orelsan, de son vrai nom Aurélien Cotentin − qui chante, entre autres poésies, « mais ferme ta gueule ou tu vas te faire Marie Trintigner », « je vais t’avorter à l’Opinel » sur le titre « Sale pute » − avait, sous la pression des associations féministes et d’éluEs, été déprogrammé de plusieurs festivals l’année dernière.

De très nombreuses personnalités avaient alors dénoncé cette atteinte intolérable à la liberté d’expression. François Bayrou s’offusquait d’une telle censure et Frédéric Mitterand n’hésitait pas à comparer Orelsan à Rimbaud :

« Je ne trouve rien de choquant ni de répréhensible à la manière dont il le chante. Rimbaud a écrit des choses bien plus violentes et qui sont devenues des classiques […].

Je ne sais pas si les chansons d’Orelsan deviendront des classiques, mais en tout cas ce qui est certain c’est que c’est beaucoup d’agitation pour rien et qu’il a le droit tout à fait légitime de composer sa chanson et de la chanter où il veut. »

La LDH défend Orelsan mais blâme Sexion d’Assaut

 

« Perdu d’avance » d’Orelsan, 2009.

Voici ce qu’écrivait la Ligue des droits de l’homme (LDH) à l’époque au sujet d’Orelsan :

« Un artiste qui parle de désir de meurtre d’une femme ? On raconte l’histoire effroyable de Barbe-bleue aux enfants.

De la pornographie sadique ? Le marquis de Sade, qui a donné son nom à la chose, se montrait autrement inventif et raffiné en matière de pornographie et de violence, et ses livres figurent tranquillement sur les rayons des bibliothèques notre culture regorge de violences contre les femmes.

Non seulement nous sommes opposés à toute censure en matière artistique, mais cette œuvre ne présente probablement pas de caractère illégal. »

 

« L’Ecole des points vitaux », Sexion d’Assaut, 2010.

Voici ce qu’écrit la LDH aujourd’hui propos de Sexion d’Assaut :

« Permettre la programmation d’un groupe qui tient des propos explicitement homophobes et appelant au meurtre et à la haine, revient à contribuer à la propagation d’une idéologie des plus dangereuses.

Il est inacceptable qu’en France, et donc à Strasbourg, soient programmés en concert des groupes qui clament publiquement leur haine d’une catégorie d’individus, et qui promeuvent une idéologie violemment discriminatoire.

Il revient à chacun, et notamment aux responsables de la Laiterie, où Sexion d’Assaut est programmé pour le 20 octobre, de prendre ses responsabilités et de veiller à ce que ne soient pas bafoués les principes et les lois de notre République.

La section strasbourgeoise de la Ligue des droits de l’homme s’oppose à la programmation de tels groupes et demande donc l’annulation de ce concert. »

MTV France consacre Orelsan et bannit Sexion d’Assaut

Ce 8 octobre, MTV France a décidé de retirer la nomination de Sexion d’Assaut aux MTV European Music Awards 2010 dans la catégorie Meilleur artiste français.

« Nous avons pris cette décision car nous ne pouvons pas récompenser un groupe dont les récents propos encouragent ouvertement l’intolérance », a expliqué Thierry Cammas, gérant de MTV Networks France.

En 2009, Orelsan, élu par les internautes, remportait le prix.

140 femmes décédées en 2009 à cause des violences conjugales

Il est vrai que les chansons d’Orelsan n’appellent pas à la haine des femmes, qu’elles ne sont que la transcription des états d’âmes d’un garçon.

Les chansons d’Orelsan, destinées à un jeune public, cautionnent l’idée selon laquelle violenter sa compagne est tout à fait banal, et peut même susciter la considération du public… et des hommes politiques.

En 2009, 140 femmes sont mortes sous les coups de leurs compagnons. Sans parler des autres, qui ne sont « que » frappées.

En France, on peut chanter les divers sévices qu’on rêve d’infliger à une femme ou remplir les rayons des bibliothèques en jouissant des violences qui leurs sont faites : il n’existe aucune autre population pour laquelle on l’accepterait.

Lien Permanent pour cet article : https://antirep86.fr/2010/10/13/la-liberte-dexpression-vaut-pour-orelsan-pas-pour-sexion-dassaut-olympe-toujours-feministe-13-10-10/

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*