Point chronologique sur la mobilisation et l’agitation poitevine Le Jura Libertaire 24-10-10

7 septembre :

  • Manifestation à l’appel de l’intersyndicale (point de départ de la mobilisation sur les retraites après les vacances scolaires).

23 septembre :

  • Manifestation à l’appel de l’intersyndicale, beaucoup plus de monde par rapport à la première manif.
  • Deux lycées bloqués.
  • “Assemblée populaire autonome” en fin de manifestation réunissant une cinquantaine de personnes.

5 octobre :

  • Première opération escargot, à l’appel de Solidaires 86, intitulée «Roulons d’un pas de sénateur». Le but est de bloquer l’économie en ralentissant les salariés allant travailler. Le cortège d’une trentaine de voitures emprunte quelques grands axes de Poitiers, l’action est plutôt bien accueillie par les automobilistes et bien relayée par les médias. L’intersyndicale ne cautionne pas cette action.

7 octobre :

  • Deuxième opération escargot (toujours à l’appel de Solidaires).
  • Première AG étudiante réunissant environ 400 personnes.

12 octobre :

  • Blocage du dépôt de bus de la régie des transports poitevins tôt le matin par quelques salariéEs grévistes (50% de chauffeurs grévistes, 80% dans les ateliers). Seuls 5 bus sur 120 circulent pendant la matinée.
  • Blocage de l’Hôtel Fumé (où se déroulent la majorité des cours de l’UFR de Sciences Humaines et Arts) durant la matinée.
  • À 11h, AG des étudiants et des personnels de l’université dans les locaux de la fac de droit réunissant environ 800 personnes.
  • À 14h30, manifestation massive à l’appel de l’intersyndicale (environ 40’000 personnes selon les syndicats). Leur presse évoque les plus gros cortèges depuis 15 ans. À l’arrivée se tient une assemblée populaire porte de Paris, important carrefour de la circulation routière, réunissant une centaine de personnes et bloquant ainsi ledit carrefour pendant une heure.

13 octobre :

  • Le matin des cheminots, postiers, enseignants, étudiants, lycéens affiliéEs ou non organisent un rassemblement porte de Paris pour distribuer des tracts et tenter de bloquer la circulation (n’étant pas assez nombreux, ils ne perturbent que partiellement la circulation).
  • L’après-midi, blocage de la zone économique Auchan-Sud à l’appel de Solidaires 86. L’accès au parking des magasins est empêché grâce aux voitures des manifestantEs ce qui occasionne dans le même temps un ralentissement considérable de la circulation.
  • Fin d’après midi : troisième assemblée populaire qui débouche sur la création du «collectif de solidarité pour la grève générale».
  • Dans le même temps assemblée organisé par l’intersyndicale décidant d’un blocage Pointe-à-Miteau (Zone économique d’Auchan-Sud) pour le lendemain.

14 octobre :

  • Le matin, blocage porte de Paris par des postiers et un grand nombre de lycéens ayant bloqué leur lycées.
  • Dans le même temps l’intersyndicale bloque la Pointe-à-Miteau.
  • Au cours de la matinée les lycéens et les postiers gagnent le campus universitaire (sous forte escorte policière) où est organisée une AG étudiante. Avec l’aide des lycéens et des postiers un amphi de la fac de droit est pris. Les flics se postent devant la fac de droit et un keuf, caméra au poing, s’introduit dans l’amphi pour filmer le début de l’AG. Après s’être fait copieusement insulter par les lycéens et étudiants, le porc dégage. L’AG ne dure que peu de temps, après quelques prises de paroles de postiers, personnels de l’université et lycéens, il est décidé de débrayer le campus (ce qui ne fonctionne pas vraiment) et de partir en manif sauvage pour bloquer la gare. Les bleus y sont en nombre (OPJ, BACeux, civils et keufs en uniformes mais pas de CRS). Une délégation des cheminots rejoint la manif qui se finit porte de Paris où le blocage de la circulation dure une heure.

15 octobre :

  • Le matin, rendez-vous au Futuroscope. L’objectif est d’empêcher les salariéEs de la zone du Futuroscope de commencer le travail, faute d’être suffisamment nombreux c’est finalement un barrage filtrant avec diffusion de tract qui a lieu.

16 octobre :

  • Manifestation a l’appel de l’intersyndicale. La mobilisation ne faiblit pas et un pique-nique-assemblée est organisé par le “collectif de solidarité pour la grève générale”.

18 octobre :

  • À 8h porte de Paris, diffusion de tracts par l’intersyndicale. Des non-syndiquéEs dont des étudiants et des lycéens tentent de bloquer la circulation, ils en sont empêches par les flics et ne sont pas soutenuEs par les syndicats. Une petite ballade est ensuite organisée jusqu’à la gare. Les personnes présentes n’arrivant pas à se mettre d’accord sur une action commune les gens se dispersent.
  • À 14h des étudiants de l’IRTS bloquent la circulation boulevard Pont-Achard (qui se trouve devant leurs locaux).
  • Une AG d’information se déroule au même moment à l’Hôtel Fumé (centre-ville) lors de laquelle est évoquée l’éventualité du blocus.
  • À 16h une autre AG se déroulant à la fac de droit (campus) débouche sur le vote du blocus de l’université de Poitiers jusqu’au vendredi 22 octobre.

19 octobre :

  • Au petit matin vers 4 heures du mat’, des salariés de la Poste bloquent l’accès au centre de tri de la région : Vienne et Deux-Sèvres, ils sont aidés par d’autres salariés de secteurs en lutte (cheminots, énergie, impôts) : le courrier n’arrivera pas à temps. Un peu plus tard, ce sont les grévistes de la régie de transports poitevins Vitalis et des étudiants qui bloquent l’accès au dépôt. Conséquence : aucun bus ne circule ce matin, le trafic reprendra doucement en fin de matinée. Des grévistes sont allés en opération escargot à Chasseneuil gueuler devant la maison familiale de Raffarin (député et ancien premier ministre UMP) et également à Chauvigny chez Fouchet (sénateur UMP également).
  • Manifestation appelée par l’intersyndicale : beaucoup de monde ; lycéens et étudiants aux côtés des travailleurs, 35.000 personnes selon les syndicats, 15.000 selon la police. Ensuite il y a eu une action étudiante, à savoir l’occupation des locaux de la présidence de l’université à une quarantaine de personnes pour dénoncer l’attitude hostile de la présidence à l’égard du mouvement (mise en place du vote électronique, le recours à la police dans l’enceinte des facultés…). La BAC empêcha, pendant 45 minutes, les étudiants de se réunir pour la coordination du mouvement ; à la demande de la présidence de l’université [communiqué et photos].

20 octobre :

  • Des étudiants antibloqueurs de la faculté de droit ont réussi à entrer en brisant la vitre d’une porte coulissante sous l’œil bienveillant de la vice-présidente Mme Lambert en les haranguant (“Vous êtes 500, ils sont 50, ils veulent le rapport de force donc allez-y !”). Comme tous les matins depuis deux semaines, l’intersyndicale tente de bloquer le rond-point de Porte de Paris (axe routier avec grand flux d’automobilistes), les flics sont là, ça finit toujours en barrage filtrant avec diffusion de l’information sur les luttes en cours et leur raison d’être, globalement la population soutient les luttes à grands coups de klaxons. Dans l’après-midi à l’appel de Solidaires 86, blocage économique du centre commercial GÉANT qui finit mitigée : pas un blocage total mais barrage filtrant également beaucoup moins réussi qu’au AUCHAN, sans doute dû au nombre d’entrées…

21 octobre :

  • Encore un blocage du dépôt de bus de Vitalis, par des salariés grévistes, des étudiants, de la Poste : pas de bus le matin. Au même moment, au campus, des étudiants antibloqueurs ont réussi à entrer au sein des locaux grâce à la vice-présidente (elle a piqué les clés à l’administration) [ vidéo ], elle a déclaré encore une fois d’appeler les petits fachos la corpo de la faculté de médecine pour casser les étudiants en lutte ! En ville, des lycéens bloquent la porte de leur bahut, la police matraque, dans la «bousculade» des coups partent, le fameux chef de la police Papineau s’en donnant à cœur joie, il gifle un lycéen qui lui rend l’appareil illico, il sera interpellé, mais une fois au comico il sera relâché (pour éviter un autre “scandale” papineaulesque ? en plein mouvement ? sans doute). Sans oublier que des portables qui filmaient cette “bousculade” seront confisqués et détruits par les keufs (heureusement d’autres vidéos ont pu parvenir [vidéo] contrairement à celle de FR3 [vidéo] ou l’on voit Papineau faire les sommations pour la caméra) ; au final une fille blessée et hospitalisée, sans gravité. Des professeurs ainsi que la provo de l’établissement ont tenté de s’interposer face à la violence policière (le personnel éducatif a fait un communiqué pour dénoncer la violence policière).
  • Après cette intervention policière, les lycéens d’autres lycées bloqués et perturbés viennent en aide, puis tous-tes partent en manifestation sauvage (entre 1500 et 2000) dans tout le centre-ville faisant tourner les flics en bourrique. Pendant ce temps-là, les flics occupés, n’ont pas vu la petite centaine de personnes (cheminots, postiers, étudiants etc.) qui occupent la gare pendant près de deux heures ! Après celà, l’AG étudiante qui appelle à la démission de la vice-présidence pour son militantisme antiblocage (et incitation à molester les étudiants bloqueurs !), en plus de la nullité du vote par courrier électronique, une petite centaine de personnes partent déambuler dans la rue, bloquer la circulation du campus jusqu’à la présidence de l’université, gueuler pour la démission de ladite vice-présidente. Par ailleurs, les étudiants apprennent que la présidence a décidé de fermer administrativement la faculté de droit ! (Pour raison de sécurité dit-on.)

22 octobre :

  • RDV intersyndical à bloquer Porte de Paris, puis une AG s’est tenue devant la Médiathèque ou les salariés sont en grève depuis une dizaine de jours maintenant. Puis ensuite il y a eu un rassemblement devant le lycée Victor Hugo pour les soutenir. Des personnels du CHU (hôpital) font une AG avec des salariés d’autres secteurs en lutte (dont cheminots). Dans la matinée, il y a eu une manifestation qui a réuni entre 150 et 200 personnes aux abords de la centrale nucléaire de Civaux (à peu près 35 bornes de Poitiers), l’accès au site est bloqué par les salariés grévistes sauf pour le personnel de la maintenance, la centrale était au ralenti !
  • En fin d’après-midi il y a eu une AG populaire (comme tous les deux jours), puis un rassemblement pour une opération péage gratuit sur l’autoroute A10 qui a très bien fonctionné, une centaine de personnes, présence des flics évidemment, des sous ont été récoltés pour le mouvement étudiant et pour les ouvriers des raffineries en lutte !

Ça continue !

Des prolétaires pictaves en lutte…
20, 23 octobre 2010.

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