Solidarité envers tous ceux qui subissent la répression

Communiqué de presse du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, suite à l’article de la PQR du 29-12-10 : “Deux policiers blessés en service par des furies” et du 30-12-10 : “Un crâne c’est dur, alors il s’est fait mal !”

Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvement Sociaux

Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvement Sociaux

Depuis un certain temps, on peut observer que les déclarations des policiers de Poitiers, et particulièrement de la Brigade anticriminalité, sont sujettes à caution. Le CAR ne compte plus les affaires dans lesquelles ces policiers ont carrément menti.

Quelques exemples :

  • Sami, délégué lycéen connu, condamné le 5 juin 2009 sur le seul témoignage de cette police pour “violences en réunion contre personnes dépositaires de l’autorité publique1” ;
  • Lucille, condamnée pour “rébellion” le 5 janvier 2010 sur les seuls témoignages des policiers qui l’ont arrêtée le 10 octobre 2009 ;
  • Samuel, Jean-Salvy, Léo, Candice… arrêtés ce même 10 octobre2 ;
  • Guillaume, condamné sans preuves sur les seuls témoignages de la police pour avoir “volé” puis seulement “déplacé” une publicité le 4 mars 20103 ;
  • David, condamné pour “outrage et menaces de mort” à l’encontre d’un des policiers de la BAC, sur les seuls témoignages plutôt contradictoires du policier partie civile et de ses collègues, alors que les témoignages de ses propres amis n’ont pas été recueillis4.

L’affaire la plus emblématique est à notre avis celle de Nina, condamnée en première instance le 31 juillet 2009 pour “bris de sucette Decaux”, relaxée en appel le 21 janvier 2010 sur demande de l’avocat général, qui a trouvé que “les conclusions de la police relevaient plus d’hypothèses fragiles, voire d’une “construction” comportant des affirmations sujettes à doutes sérieux5“. Chose délirante, le parquet s’est alors pourvu en cassation – un pourvoi refusé par la Cour de cassation en septembre dernier. Peut-on croire que les faux témoignages et les bidonnages policiers ne peuvent concerner que les militants des mouvements sociaux, et pas les habitants des quartiers populaires ? Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux a toujours considéré les méthodes de répression policières mises en œuvre contre les mouvements sociaux, et en particulier certains de leurs acteurs et actrices, comme des méthodes expérimentées dans les quartiers puis généralisées – harcèlements et provocations en tous genres, suivis de tabassages, d’arrestations, de gardes à vue prolongées et de procès.

C’est pourquoi il estime qu’il faut effacer les différences, entretenues par le pouvoir et ses sbires, entre les classes sociales populaires et les mouvements sociaux : les habitants des “quartiers” et les militants des mouvements sociaux subissent une seule et même répression.

Aussi, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exprime sa solidarité envers tous ceux qui subissent la répression et appelle à les soutenir.

1 Sanction après les manifs, NR 06-06-2009

2 Appel du procureur du 14-01-10, NR 15-01-10

3 Communiqué de presse sur le procès de Guillaume M. Jeudi 4 mars à partir de 14h ; Il avait dégradé le panneau de pub, PQR 05-03-10 ; Un épisode répressif de plus…

4 “Pour un outrage qu’il n’a pas commis, David sera jugé au tribunal de Poitiers le 8 septembre 2009” ; “Le SDF a-t-il outragé “Hooker”, flic zélé ?”, CP 09-09-09 ; “Les relations entre policiers et marginaux au tribunal”, NR 09-09-09 ; “Compte rendu du procès de David” par Julien Chaigneau ; “Communiqué de presse d’Amnesty International au sujet du procès de David M.” ; “Le SDF a outragé Hooker”, CP 14-10-09 ; “Trois mois ferme pour le SDF“, NR 05-02-10 ; “Poitiers : David contre David“, PQR 08-03-10.

5 Notes d’audiences de la Cour d’appel de Poitiers, par Sylvestre, 21 janvier 2010.

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