“Un crâne c’est dur, alors il s’est fait mal !” CP-NR 30-12-10

Le tribunal correctionnel avait des allures de hall des urgences, hier après-midi: un policier en civil le bras en écharpe et le poignet immobilisé côtoyait un prévenu la tête coiffée d’un bonnet de bandelettes.

Leur “rencontre” remontait à lundi après-midi. Les policiers sont en planque aux Couronneries, rue Henri-Dunant.
Ils guettent Moussa, un jeune garçon de 19 ans. Il leur a échappé la veille, dimanche, rue de la Clouère, au volant d’une Mercedes conduite dangereusement. L’interpellation dans le parking souterrain par les policiers en civil de la brigade anticriminalité vire à la foire d’empoigne.
Moussa s’échappe du véhicule, se débarrasse d’un sachet contenant 40 g d’héroïne. Ceinturé par les policiers, il se débat puis se retrouve au sol où il tente de distribuer coups de pied et de poing. Il mord un policier. Il est alors frappé au ventre puis immobilisé par un étranglement avant de pouvoir être menotté.

“C’était une passe à 100€”

Le parking se retrouve plongé dans le noir. La minuterie vient de s’arrêter. Moussa, menotté tente de s’échapper à nouveau. Une balayette le projette à terre. L’interpellation aura duré plus d’un quart d’heure.
Pour Moussa, tout ça, c’est la faute à la peur. Dimanche, il n’a pas vu que c’était des policiers qui le suivaient et lundi, dans le parking, il n’a pas reconnu ces policiers qu’il connaît pourtant bien. “D’habitude, je fais pas d’histoire. J’ai paniqué, j’ai reconnu personne”, assure-t-il en multipliant excuses et promesses. “Le policier s’est blessé car il m’a tapé sur le crâne, c’est dur le crâne !”
Ses explications sur la drogue laissent les magistrats dubitatifs. Trouvé en possession de trois téléphones, de pass pour les halls d’immeuble, le jeune homme assure qu’il ne trafique pas l’héro. « J’ai fait une passe, pour toucher 100€. J’ai récupéré la drogue dans le hall et je devais la mettre derrière une poubelle, avenue de Nantes. »
Le procureur ne croit pas aux explications ni aux excuses. D’autant que, cinq jours avant, un juge avait rappelé Moussa à l’ordre. Il réclame six mois de prison ferme et la détention.
Son avocate tente de plaider pour une peine alternative. Si les multiples contusions de Mousssa ne la surprennent pas, elle s’interroge sur les quinze points de suture à la tête, parlant de coups donnés avec la crosse d’une arme.

Indemnisation pour les policiers

Au final, les magistrats ne se laissent pas adoucir par les excuses. Ils condamnent Moussa à six mois de prison ferme et révoquent un sursis d’un mois. Il est parti en détention pour sept mois. Il devra verser des indemnités aux deux policiers frappés.

Emmanuel COUPAYE

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