Compte rendu de mon expérience personnelle lors de la manifestation antifa de Tours, le 15 janvier 2011.

Mes convictions et la manifestation.

Fort de nos convictions libertaires, c’est dans un esprit de contestation non violente que nous avons, moi et 5 de mes potes XXXXXX, décidés de participer à la manifestation anti-fn. Manifestation ma foi très calme et bon enfant jusqu’à la place Jean-Jaurès. Le cortège était déjà bien encadré par la BAC. Mon objectif et celui de beaucoup ce jour là était de marcher sur le Vinci, histoire de faire un pied de nez aux congressistes. Place Jean-Jaurès, après l’appel à la dispersion de la part des organisateurs, environ 300/500 personnes ont décidées de faire face aux forces de l’ordre qui barraient le chemin du Vinci.

L’affront et l’atteinte à la liberté d’expression étaient tel que l’affrontement était inévitable… Affrontements auxquels je n’ai pas participé. Très vite, les premiers échanges canettes/ gaz lacrymaux ont débutés. Après deux dispersions aux gaz, les forces de l’ordre voyant quelle n’arrivaient pas à venir à bout de la détermination des manifestants, ont sorties l’artillerie lourde :

Canons à eaux.
Progression en tortue.
Matraques.
Flash ball.
Hélicoptère.

Je tiens à préciser que les charges des crs ont visés tous les individus sans distinction d’intention. Des personnes totalement étrangères au conflit ont été prises dans les tenailles de la police.De plus je peux attester que des policiers en civil, au cœur de la manifestation, portaient des badges syndicaux.  Après environ 2 heures d’affrontement, les manifestants se sont repliés dans le boulevard, en direction de la place de la liberté.Il devait être environ 17.30 heures et c’est à ce moment que nous avons décidé de plier bagages. L’objectif “Vinci” était devenu impossible. En rejoignant la voiture, un pote a filmé une arrestation et cela n’a pas été du goût d’un baceux qui a tenté de détruire l’appareil de mon pote. Et c’est en invoquant le droit à l’image que nous avons continué notre chemin.C’était sans compter sur la détermination de ce flic car moins d’une heure après, ce sont 7/8 baceux qui nous prennent en chasse.

Mon interpellation.

S’en suit une brève course poursuite dans les petites rues de Tours. Je peux affirmer que l’objectif des flics était la vidéo de mon pote car derrière moi, les mots de la police ont été :

“Alors petit pd, je te rattrape.”
“Le mec au sac à dos, il faut la caméra”
“T’es mort”

Heureusement pour lui, mon pote au sac à dos a pus échapper aux baceux. Mais moi et deux autres de mon groupe avons été interpellé. La violence physique et morale de mon arrestation me vaut 8 jours d’ITT et la peur de ma vie. J’ai pris deux coups de tonfa au ventre et subis un étranglement avec ma propre écharpe, et ce, pour donner le nom de mon pote au sac à dos. Le policier m’a aussi menacé de me “défoncer la gueule” et de balancer mes effets personnels dans le caniveau, ce qu’il a d’ailleurs fait avec mon écharpe. Lors de mon interpellation, les paroles prononcées à mon égard de la part de ce policier ont été :

“Alors connard ! Quand on va au combat, on s’entraîne”
“Petit pd ! On est dans une petite rue sombre ! Si j’veux, je te défonce la gueule sans témoin.”
“Ton pote à la vidéo, j’vais le retrouver et le tuer.”

J’ai ensuite été traîné dans une rue plus lumineuse, avec des civils. Mais cela ne l’a pas empêché de continuer à m’humilier à grand coup d’insultes et d’accusations mensongères.

Ma garde à vue

Jamais je n’aurais pensé être heureux de monter dans une voiture de police mais le fait d’être écarté de ce fou furieux m’a soulagé. Je suis resté 4 heures en cellule où je n’ai subit aucune violence, ni physique, ni morale. Par contre, je risque d’être inculpé pour violence aggravée et jet de projectile sur les forces de l’ordre. Mais je vois mal comment ils pourraient étayer leur accusation. Lors de ma garde à vue, le baceux en question est passé me voir pour encore me demander le nom de mon pote de façon humiliante et indigne d’un représentant des forces de l’ordre républicaine. Je suis sorti du commissariat aux alentours de 23 heures et nous avons passés la nuit à chercher nos potes dispersés, tout en nous cachant de la police.

Je conclurais ce récit par une phrase au goût du jour :

Le 18 janvier 2011

Le 18 janvier 2011

LA POLICE NOUS PROTÈGE ! MAIS QUI NOUS PROTÈGE DE LA POLICE.

XXX, qui joint la photo du fonctionnaire en question.

C’est le mec de gauche.

<— Et un baceux avec un autocollant

SOLIDAIRES

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