Commissaire diffamé : condamnation de principe NR-CP 28/01/2011

Commissaire diffamé : condamnation de principe NR-CP 28/01/2011

La jeune fille qui avait collé des affiches dénonçant le “matraquage gratuit” de la police a été condamnée hier à une amende avec sursis.

Les tracts avaient été collés un peu partout en ville. - (dr)

Les tracts avaient été collés un peu partout en ville. - (dr)

Le conflit entre un groupe de jeunes Poitevins et le directeur de la police Jean-François Papineau a connu un nouvel épisode judiciaire hier soir. Une jeune fille de 26 ans était poursuivie devant le tribunal correctionnel pour avoir, le 22 juin dernier au soir, collé des affichettes dans le centre-ville dénonçant le “matraquage gratuit” de “passants” par la police sous la direction du commissaire Papineau.
La jeune Amandine avait été au cours de la nuit précédente témoin de l’interpellation de plusieurs jeunes gens place de la Liberté à l’issue de la Fête de la musique. Ces jeunes gens ont, depuis, été jugés et condamnés pour rébellion et outrage.
Présent à l’audience hier, en tant que partie civile, le commissaire Papineau a fait une brève déclaration : “J’ai été profondément choqué par la teneur du texte qui participe d’une campagne de dénigrement tendant à démontrer que les policiers sont des soudards.”
A la barre, la prévenue, qui avait été surprise en pleine action par des policiers en civil, a revendiqué son geste : “Je n’ai fait qu’écrire ce que j’ai vu.” Le procureur de la République, M. Casassus-Builhé, avant de requérir une peine de 500 € d’amende, a rappelé que la critique légitime de l’autorité ne saurait s’exprimer que dans les limites de la loi. Avant lui, M e Patrick Arzel, avocat du commissaire Papineau, avait expliqué en quoi le mot “tabassage” et le fait de laisser entendre que les policiers pouvaient frapper n’importe quel passant étaient diffamatoires. Pour Amandine, M e Simone Brunet a tenté, en vain, d’obtenir la nullité des poursuites. Considérant que les écrits de sa cliente n’avaient rien de diffamatoire, l’avocate s’est demandée s’il était bien utile “de remettre du charbon dans la machine”, le conflit entre la police et les jeunes marginaux ne cessant d’être réalimenté par les procès successifs (le prochain est prévu le 18 février devant la cour d’appel).
Au final, le tribunal a retenu la culpabilité d’Amandine. Au regard de son absence de ressources et de passé judiciaire, celle-ci a été condamnée à 500 € d’amende avec sursis. Elle devra en outre régler 500 € de dommages-intérêts et 600 € pour ses frais d’avocat au commissaire Papineau.

Vincent Buche

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