Avec les “patrouilleurs” la police sera mieux vue NR 13/05/2011 05:38

Poitiers est l’une des quatre villes où le ministère de l’Intérieur expérimente le rapprochement entre la police et les citoyens.

Les "patrouilleurs" vont désormais par deux, pour répondre à la demande de redéploiement de la présence policière sur le terrain exprimée par le ministre de l'Intérieur. - (dr)

Les "patrouilleurs" vont désormais par deux, pour répondre à la demande de redéploiement de la présence policière sur le terrain exprimée par le ministre de l'Intérieur. - (dr)

Au coin de la place de Provence, le gérant du taxiphone lève un bras pour saluer la patrouille. Jean-Jacques et Denis répondent d’un sourire. Dans le quartier des Couronneries, les deux policiers sont connus et reconnus. Depuis neuf ans pour l’un, trois pour l’autre, ils l’arpentent dans tous les sens. Et encore un peu plus depuis le 2 mai dernier, date à laquelle le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a annoncé l’expérimentation des ” patrouilleurs ” à Mantes-la-Jolie, Nice, Strasbourg et Poitiers. Une évaluation du dispositif sera réalisée dans deux mois, avant de le généraliser “avant l’été“.

“Le contact avec la population a toujours fait partie du boulot”

L’objectif du ministre, c’est de “rapprocher la police des citoyens“. “Ce n’est pas une révolution, assure Jean-François Papineau, le directeur départemental de la sécurité publique. C’est un nouveau concept de déploiement sur la voie publique afin d’améliorer la visibilité de la présence policière.” Prévention, dissuasion et répression. Les missions restent les mêmes. “Les patrouilleurs vont plus au contact de la population, afin de répondre à un besoin fréquemment exprimé. Pas forcément lié à une délinquance réelle, mais plus à un sentiment de gêne ou de dérangement.
A Poitiers, 105 policiers en tenue sont concernés par le nouveau système. Ces nouveaux ” patrouilleurs ” vont désormais par deux, au lieu de trois, à pied, à VTT, voire en bus. “Deux, c’est suffisant pour prévenir et dissuader, assure le patron de la police. S’il faut intervenir, alors on fait appel à d’autres patrouilles en renfort ; elles ne sont jamais loin les unes des autres.” En théorie, à chaque heure de la journée, la ville de Poitiers peut-être quadrillée par douze patrouilles de deux fonctionnaires.
Sur le terrain, ça ne change pas grand-chose au boulot de Jean-Jacques et Denis. “Le contact avec la population a toujours fait partie du boulot de policier“, expliquent-ils. Le dialogue aussi. “La majorité des situations se résout en discutant et en évitant l’incident“, assurent les deux hommes. Devant la maison de la presse, un groupe discute fort. Des habitués des lieux. “On ne fait rien de mal, on parle de foot“, lance une dame à l’adresse des deux policiers. La discussion s’engage sur la soirée de Ligue 1 de la veille. Un peu plus loin, la bijoutière juge “rassurante” la fréquence du passage des patrouilles dans la galerie commerciale. Claude Guéant peut être lui aussi rassuré, ses “patrouilleurs” sont bien accueillis. Puisqu’ils existaient déjà.

ils le disent…

” Rien à voir avec la police de proximité ”

Qu’on se le tienne pour dit, les “patrouilleurs” de Claude Guéant 2011 n’ont rien à voir avec la police de proximité de Jean-Pierre Chevènement, expérimentée en 1999 et lancée en 2000, puis supprimée par Nicolas Sarkozy quelques mois plus tard. Les responsables du gouvernement l’ont clamé haut et fort. Et le discours est relayé localement : “Ça n’a rien à voir.”
Pourtant, si l’on se réfère à ce que disait le ministre de l’Intérieur de l’époque, en visite au poste de police des Couronneries, en mai 1999, ça y ressemble drôlement : “Beaucoup de peurs peuvent être calmées par un dialogue plus riche, surtout un dialogue intergénérationnel.”

Philippe Bonnet

Voir aussi :
- journal télévisé du 3 mai midi de France 3 Poitou-Charentes à partir de 3mn05
- L'article de 7 à Poitiers

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