Chauvigny : Le maire relance le débat sur la vidéoprotection NR 08/10/2011

Pour lutter contre la petite délinquance dans sa ville, Gérard Herbert n’exclut pas l’installation de caméras dans les lieux où se concentrent les problèmes.

Le maire Gérard Herbert est favorable à l'installation de caméras de surveillance à Chauvigny. - (Photo d'archives)

Le maire Gérard Herbert est favorable à l'installation de caméras de surveillance à Chauvigny. - (Photo d'archives)

Gérard Herbert s’est engagé à mettre sur la table du prochain conseil municipal (qui devrait avoir lieu début novembre) la question de l’armement des policiers municipaux. Il parlera aussi, à cette occasion, de vidéoprotection. Sur ces deux points, il se dit « favorable », précisant qu’il ne prendra « aucune décision sur ce point sans l’aval d’une majorité des élus. »

L’exemple des toilettes publiques

« A Chauvigny, confie le maire, il n’y a pas de grosse délinquance – quoique, on n’est pas à l’abri – mais on constate ces derniers mois une accumulation de faits qui pourrissent la vie de nos concitoyens au quotidien. La vidéoprotection peut être une piste. Dans toutes les villes qui ont mis en place ce dispositif, il y a eu une baisse significative de la petite délinquance. Certains pointent du doigt une entrave aux libertés Mais les images sont exploitées uniquement en cas d’enquêtes sur les gros délits. Ça n’entrave en rien la liberté de circulation du citoyen lambda. »
Ce n’est pas la première fois que le maire s’exprime sur le sujet. Fin 2009, déjà, suite aux nuits incendiaires en centre-ville, il se disait favorable à l’installation de caméras… Mais c’en était finalement resté au stade de la réflexion.
Gérard Herbert précise qu’il a rencontré il y a quelques jours le nouveau colonel de la gendarmerie de la Vienne, et qu’une « analyse de terrain » est en cours. « Le colonel est particulièrement attentif à la situation sur Chauvigny, il veut en faire un point fort de l’action de la gendarmerie. Nous avons abordé la question de la vidéoprotection. Il pense que ça pourrait être intéressant au niveau des points de regroupement. Il s’est engagé à nous communiquer rapidement une étude sur ces lieux qu’il appelle ” stratégiques ”. Par exemple les toilettes publiques. »
Sur le volet financier, l’élu admet que « la vidéoprotection, ça coûte cher. Mais l’État, aujourd’hui, subventionne à hauteur de 50 % des installations. Est-ce que ça va durer ? C’est peut-être un argument supplémentaire pour accélérer le dossier… »
 
En accord avec l’ensemble du conseil municipal, une commission générale doit se tenir très prochainement sur le sujet.

à chaud

Le ” non ” catégorique des élus de l’opposition municipale

> Michel Baudry et Isabelle Bordier, de la liste municipale « Agir pour Chauvigny avec vous » : « C’est un ” non ” catégorique, comme sur la question de l’armement des policiers municipaux, et on en présentera les raisons objectives. La sécurité, ça ne concerne que la gendarmerie. En tant qu’élu, on ne peut pas répondre ” oui ” à ces questions fondamentales sans comprendre les enjeux, les problématiques et les conséquences que ça aurait. Il y a d’autres moyens au niveau gendarmerie, à commencer par des moyens humains ! Voilà encore un transfert de charges. Mettre des caméras au niveau des toilettes publiques… Mais où est le problème ? Au contraire, c’est plutôt pas mal que les jeunes se regroupent à cet endroit-là. Le maire a deux discours qui s’opposent : d’un côté, il dit ” tout va bien à Chauvigny ”, de l’autre qu’il faut armer la police municipale et équiper la ville de caméras. Vouloir faire du ” tout sécurité ”, c’est extrêmement dangereux. On conditionne la population ! Nous, on n’a pas envie de voir un nouveau ” 21 avril ” en 2012 ! »
> Alain Lebeau, élu communiste de la liste « Chauvigny solidaire » : « Je suis contre. D’abord parce que les professionnels le disent eux-mêmes : ça a une efficacité toute relative. Ensuite, on n’est qu’à Chauvigny, pas dans une ville de banlieue où il y a de la grande délinquance. Je concède que dans ces cas-là, les caméras peuvent être une piste. Mais ici, franchement… On a davantage besoin de présence humaine. Les caméras ne régleront rien, si ce n’est faire la chasse aux jeunes. Enfin, qui va payer l’entretien, la gestion de ces caméras ? La commune ? On n’a pas des finances extensibles. Quand l’État propose de subventionner l’investissement à hauteur de 50 %, ce qui l’intéresse, c’est encore une fois de transférer aux collectivités des compétences et des moyens. C’est inadmissible. »

Anthony Floc’h

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(1 commentaire)

    • dd on 8 octobre 2011 at 13 h 49 min

    MONSIEUR SECURITE a parlé…. pffffff, ridicule !

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