Poitiers : l’affaire du ”squat” de l’avenue de Nantes en délibéré NR 09/12/2011

Poitiers : l’affaire du ” squat ” de l’avenue de Nantes en délibéré NR 09/12/2011

41 personnes en garde à vue mais cinq prévenus devant le tribunal. Y a-t-il eu, au 144 avenue de Nantes, infraction ? Réponse le 12 janvier.

Les événements du 10 octobre 2009, où le centre-ville de Poitiers a été saccagé par une bande de jeunes organisés, planaient sur la tête des cinq prévenus convoqués, hier, devant le tribunal correctionnel, pour répondre à une « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ». Pour Maître Sillard, avocat de la défense, le doute n’existe pas : « Il y a une explication dans cette affaire, assène-t-il, le problème avec les Expressifs. »
 
” On vous demande à vous juge de faire un exemple ”

Les cinq jeunes, tous de Poitiers (à l’exception d’un qui vit à Rennes), qui se sont présentés devant la juridiction, ont été embarqués avec trente-six autres personnes au commissariat central de Poitiers et placés en garde à vue. Les faits se sont déroulés le 5 novembre dernier, au 144 avenue de Nantes à Poitiers, dans une maison condamnée à la démolition dans le cadre du futur viaduc des Rocs. C’était un samedi. Les policiers ont été obligés d’appeler des collègues de Châtellerault et des gendarmes pour déloger les quarante-une personnes, portant « vêtements sombres et capuches », qui avaient investi les lieux. Un taser a été utilisé contre un occupant.
Hier, à la barre du tribunal, les cinq jeunes (dont quatre présentaient des condamnations sur leur casier judiciaire) ont fait front commun face aux questions du président. Même ligne de défense, même réponse : « J’ai croisé quelqu’un qui m’a appris l’existence d’une réunion sur l’urbanisme. J’y suis allé mais je ne connaissais personne. » Mauvaise foi ou sincérité ? Pas d’ambiguïté pour le ministère public : « Il y a une unité de version et de comportement qui laisse rêveur, s’insurge Laurent Roulaud. Les dégradations sont une évidence. » Ses réquisitions aussi : deux mois d’emprisonnement avec sursis mis à l’épreuve pour chacun des prévenus. De quoi mettre en colère la défense, Maître Ménard, qui exécute le tribunal : « On vous demande à vous juge de faire l’exemple alors que l’infraction n’est absolument pas constituée. Il n’y a rien dans ce dossier. » Et d’interroger le tribunal : « Si vous entrez en condamnation, quelle est la juste réponse pénale ? » Réponse le 12 janvier.

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Plaidoirie applaudie

Ils étaient venus en nombre, hier, soutenir leurs camarades convoqués devant le tribunal correctionnel. Environ une bonne cinquantaine de jeunes. La salle d’audience n’a pu les accueillir tous, certains sont restés dehors faute de places assises. Mais la quarantaine qui a assisté aux débats a applaudi la plaidoirie de Maître Ménard, qui défendait deux des prévenus. Une manifestation de soutien que n’a pas apprécié le président du tribunal qui a commenté cette expression en rappelant au public un très sec : « On n’est pas au théâtre. »

Didier Monteil

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