Vendre l’Humanité, un trouble à l’ordre public ? l’Humanité 09-01-12

Sept militants communistes ont subi dimanche 8 janvier un contrôle de police, à Paris. La raison : ils proposaient «le journal que l’on vend le matin d’un dimanche»…

Sept militants communistes ont subi dimanche 8 janvier un contrôle de police, à Paris. La raison : ils proposaient «le journal que l’on vend le matin d’un dimanche»…

Sept militants communistes ont subi dimanche 8 janvier un contrôle de police, à Paris. La raison : ils proposaient « le journal que l’on vend le matin d’un dimanche »…

«Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche à l’affiche qu’on colle au mur du lendemain », chantait déjà Jean Ferrat en 1969. Le refrain de Ma France est connu, tout comme ces postes fixes de militants qui, semaine après semaine, vendent l’Humanité Dimanche. La maréchaussée ne l’entend pas de cette oreille: hier, sept militants communistes ont été sommés de décliner leur identité, rue Rambuteau, dans le 3e arrondissement de Paris. Au prétexte qu’ils diffusaient l‘Humanité Dimanche. Leurs affiches ont été arrachées. Motif : leur rassemblement constituait, selon les trois agents qui sont intervenus, un « trouble à l’ordre public ».

Pourtant, ledit poste existe depuis fort longtemps: il a été mis en place par Erwin Ronaï, le père de la conseillère régionale communiste de Seine-Saint-Denis Henriette Zoughebi, il y a près de cinquante ans, témoigne Évelyne Zarka, adjointe au maire du 4e arrondissement, présente hier matin au moment de l’incident. «Nous n’avons jamais été inquiétés”, s’étonne encore l’élue, choquée par la scène. «Une voiture de police s’est approchée […]. Ils nous ont d’emblée dit “contrôle d’identité”.» Évelyne Zarka explique qu’elle ne comprend pas ce brusque contrôle d’identité. «Ils nous ont expliqué que notre “attroupement” leur avait été signalé par une vidéosurveillance», reprend-elle. Les policiers embarquent les papiers d’identité – et la carte d’élue – d’Évelyne Zarka. «Ils sont revenus sans rien avoir à se mettre sous la dent et ont arraché nos affiches, au motif qu’il s’agissait, selon eux, d’affichage illégal», explique-t-elle. Aux militants qui leur demandent depuis quel commissariat de quartier ils les ont envoyés, les policiers rétorquent qu’ils sont «dépêchés par la préfecture»…

Ce qui fait bondir Ian Brossat, président du groupe communiste et élus de gauche au Conseil de Paris. Il se souvient des promesses du préfet de Paris, après l’arrestation de Lounis Ibadioune, ce diffuseur de l’Humanité Dimanche, dans le 18e arrondissement de la capitale, qui est passé en procès en 2007 pour avoir vendu l’Humanité Dimanche sans autorisation. «Le préfet de Paris, Michel Gaudin, s’était alors engagé à ce que cela ne se reproduise plus», s’agace l’élu qui a l’intention d’interpeller le Conseil de Paris, lors de la prochaine séance, le 6  février prochain. Dans un communiqué (lire le communiqué), Ian Brossat s’indigne «de cette négation patente du droit à la liberté d’expression». Et il ajoute : «Il est scandaleux que des militants politiques soient inquiétés alors qu’ils contribuent au débat politique, à quelques mois d’échéances majeures. Cet événement confirme les dérives auxquelles la vidéosurveillance est susceptible de conduire.» Point positif: l’intervention de la police a créé une vive émotion dans le quartier, toutes sensibilités politiques confondues.

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