Des témoins à décharge un peu trop encombrants NR 23/02/2012

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Accusé d’être mêlé à l’opération d’une bande contre une patrouille de policiers poitevins, le prétendu “ caïd de Saint-Éloi ” a été relaxé au bénéfice du doute.

Atort ou à raison, la police tient Joao, 21 ans, pour l’un des caïds de Saint-Eloi, un quartier de Poitiers qui a connu naguère plusieurs épisodes chauds. D’ailleurs, Joao fait partie des condamnés d’un précédent procès sur les violences entre bandes de son quartier et des Trois-Cités.

Joao, déjà père de deux enfants qu’il élève, n’est peut-être pas le caïd que l’on dit ; mais il compte dans le quartier de nombreux amis. Qui sont prêts à tout pour le sortir d’un mauvais pas. A tout, y compris des faux témoignages. Leur zèle à lui fournir un alibi a bien failli conduire Joao en prison hier. Ce jeune homme était jugé en comparution immédiate pour avoir été mêlé à la prise à partie de deux policiers dimanche dernier. La patrouille, qui circulait en voiture à la tombée de la nuit, avait repéré un homme armé d’un long bâton. Voulant le contrôler, les policiers s’étaient retrouvés cernés par une quinzaine de jeunes gens. Avant de réussir à s’échapper, les policiers croient reconnaître Joao dans l’attroupement, occupé à exciter les esprits. Le même, disent-ils, leur a adressé quelques heures plus tôt un doigt d’honneur depuis sa fenêtre. Ils ont dans un premier temps fermé les yeux sur l’outrage. Joao admet s’être trouvé chez lui au moment de l’outrage supposé mais affirme ne pas avoir adressé le moindre signe aux policiers, sachant que ceux-ci le reconnaîtraient immédiatement. De même, il admet s’être trouvé à proximité de l’échauffourée du soir mais ne pas y avoir participé et ne pas connaître les agresseurs. Ce qui est gênant dans cette affaire, c’est que les proches de Joao, interrogés, affirment contre toute évidence, qu’au moment des faits il jouait au football. D’autres disent qu’il était au McDo. Ces alibis à la noix et non sollicités par l’intéressé vont-ils le faire partir pour trois mois en prison comme le réclame le ministère public ? Finalement non : les juges estiment le témoignage des policiers trop imprécis et relaxent Joao au bénéfice du doute.

Vincent Buche

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