Communiqué sur le procès d’Alain, le 5 Avril 2012

Comité Poitevin Contre la Répression des Mouvements Sociaux ANTIREP 86

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Le 17 octobre 2009, une manifestation avait lieu à Poitiers, pour protester contre la répression dont plusieurs personnes avaient été victimes une semaine auparavant. L’un des participants, Alain Evillard, avait crié devant le responsable départemental de la sécurité, le commissaire divisionnaire Papineau, que le procureur était un “salaud” et un “Papon”. Arrêté aussitôt et placé quelque temps en garde à vue, il fut l’objet d’une poursuite judiciaire.

C’est Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la justice, qui a envoyé l’affaire devant les tribunaux. La cour de cassation, estimant que le cas d’Alain Evillard devait être jugé en-dehors de la juridiction de Poitiers, a remis le dossier au tribunal de grande instance de Paris.

C’est la 17e chambre correctionnelle, spécialisée dans les”délits de presse” et tout ce qui a trait aux injures, calomnies, etc. qui fut chargée du procès. Alain Evillard était en effet prévenu du délit “d’injure public envers un fonctionnaire public”.

Le procès devait se tenir le 25 octobre 2011, mais l’avocate de la défense, surchargée de travail, avait obtenu son renvoi au 5 avril.
 
Or, la 17e chambre est particulière, étant donné le type d’affaires qu’elle juge. C’est un tribunal plus serein que les autres. Ceci explique qu’Alain Evillard ait pu, fait rare, s’expliquer sans interruption durant trois quarts d’heure, durant lesquels il put évoquer plusieurs cas d’injustice ainsi que de brutalités policières, non seulement à Poitiers, mais ailleurs. Et non sans évoquer le rôle d’Alliot-Marie et du gouvernement UMP.
L’avocat de la partie civile, un avocat d’affaires membre d’un holding international, réclama seulement l’euro symbolique. La procureure  demanda 200 euros. Mais ils furent particulièrement désagréables.
L’avocate d’Alain Evillard fut offensive. Avant le procès, elle avait déposé ses conclusions, qui ont joué un rôle important, car elle y pointait de nombreuses irrégularités dans la procédure.
 
Le verdict est tombé le 24 mai : Alain Evillard est relaxé, au nom de la liberté d’expression! Ainsi, le commissaire Papineau, le procureur Sennès, Alliot-Marie, sont désavoués. On peut même parler de jurisprudence possible.
Voilà l’une des rares affaires qui se terminent bien.

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